12 août 2026 2 min de lecture
Ce que la douleur fait de mon quotidien
Il y a la douleur que l'on raconte. Et puis il y a celle que personne ne voit vraiment. Celle qui s'invite chaque jour, sans prévenir, sans demander la permission. Celle qui me coupe dans ce que je suis en train de faire, qui m'oblige parfois à m'arrêter net parce que mon corps, lui, a décidé que je n'irai pas plus loin.
Il y a des moments où je serre les dents. Je continue. Je fais comme si. Je parle, je souris, je m'occupe de ma famille, de ma maison, de tout ce qui doit continuer à tourner. Et puis il y a les moments où je n'y arrive plus
Ces moments où mon conjoint me retrouve parfois dans notre douche, pliée en deux tellement j'ai mal. Pas parce que je veux qu'il me voie comme ça. Pas parce que je cherche à montrer ma souffrance. Simplement parce qu'à cet instant, je ne peux plus faire semblant. La douleur prend toute la place. Et c'est ça, mon quotidien aujourd'hui.
Calculer ce que je peux faire. Anticiper la douleur. Espérer une accalmie. Profiter des quelques heures où mon corps me laisse tranquille. Puis sentir cette douleur revenir et se demander combien de temps elle va durer cette fois. C'est épuisant physiquement.
Mais ce qui est peut-être encore plus épuisant, c'est tout ce qu'il faut continuer à être malgré elle. Être une maman. Être une compagne. Être présente. Continuer à vivre.
Parce que ma vie ne s'arrête pas lorsque j'ai mal. Alors parfois je tiens par volonté. Par amour. Par habitude aussi, probablement. Mais tenir ne veut pas dire que ça va.
Et parce que je réussis encore à rire, sortir, aimer, m'occuper de ceux que j'aime ou publier une jolie photo, cela ne signifie pas que la douleur a disparu. Cela signifie simplement que j'ai appris à vivre entre deux vagues.
Je ne demande pas qu'on me plaigne.
Je voudrais simplement que l'on comprenne ce que signifie réellement vivre avec une douleur qui revient encore et encore quotidiennement.
Je voudrais pouvoir me lever un matin sans me demander comment mon ventre va me laisser vivre aujourd'hui. Prendre une douche sans que celle-ci devienne parfois l'endroit où mon corps abandonne quelques minutes. Faire des projets sans avoir cette petite voix derrière qui murmure : « Et si tu as trop mal ce jour-là ? » Je voudrais retrouver cette insouciance-là. Ce que la douleur volé de mon quotidien
Parce qu'à force de vivre avec la douleur, on finit parfois par considérer comme extraordinaires des choses qui devraient être parfaitement ordinaires. Une journée sans douleur. Quelques heures de répit. Un corps qui se tait enfin.
Je ne sais pas combien de temps ce combat durera.
Mais derrière les moments où l'on me voit debout, il existe aussi ceux-là. Ceux où je pleure en silence. Ceux où mon conjoint voit ce que les autres ne voient pas.
Et pourtant, après… Je me relève. Pas parce que je suis invincible. Simplement parce que ma vie, ma famille et ceux que j'aime m'attendent de l'autre côté de cette douleur. Et tant que je le pourrai, je continuerai à les rejoindre.
