Guérrières silencieuses

10 juillet 2026 1 min de lecture

Du silence à une présence qui rassure enfin

Il y a des silences qui blessent plus qu’on ne l’imagine.

Quand on vit avec une maladie rare, avec des douleurs, des peurs et cette impression permanente que tout peut basculer, l’absence de réponse d’un médecin n’est jamais anodine. Elle laisse place au doute, à l’angoisse et surtout à ce sentiment terrible d’être abandonnée au moment où l’on aurait le plus besoin d’être rassurée.

Pendant des mois, j’ai essayé de comprendre. J’ai attendu. J’ai relancé. J’ai espéré qu’un mail, un appel ou quelques mots viendraient enfin rompre ce silence.

Puis j’ai envoyé ce courrier en recommandé avec accusé de réception.

Je l’ai écrit avec ma colère, ma fatigue, mais aussi avec toute la peur que je gardais à l’intérieur. Ce n’était pas une attaque. C’était le cri d’une patiente épuisée de devoir se battre contre sa maladie, tout en devant également se battre pour ne pas être oubliée.

Et quelque chose a changé.

Mon hépatologue est redevenue présente. Elle m’a appelée, elle a pris le temps de m’écouter, de me rassurer et de me montrer que je n’étais plus seule face à mes inquiétudes.

Cette présence m’a fait énormément de bien.

Je reste profondément blessée d’avoir dû aller aussi loin pour être entendue. Aucun patient ne devrait avoir à envoyer un recommandé pour obtenir une écoute, surtout lorsque sa santé est fragile.

Mais aujourd’hui, je veux aussi reconnaître ce changement.

Je retrouve doucement un peu de confiance. Je me sens davantage entourée, davantage en sécurité. Et dans mon parcours, ce sont des choses qui comptent bien plus qu’on ne peut l’imaginer.

Le silence m’avait fait perdre espoir. Cette présence me redonne un peu d’air.

J’espère simplement qu’elle durera, parce qu’au-delà des examens et des traitements, un médecin qui répond, qui écoute et qui rassure peut parfois soulager une peur qu’aucun médicament ne peut calmer.

Je continue d’avancer, avec mes blessures, ma méfiance, mais aussi avec cette petite lumière revenue là où je pensais qu’il n’y en aurait plus.