Guérrières silencieuses

16 août 2026 1 min de lecture

J'ai peur

Ce soir, j’ai peur.

Demain, je vais revoir le chirurgien. Et plus les heures passent, plus les questions tournent dans ma tête.

J’ai peur de ce qu’il va me dire.

Peur qu’il trouve quelque chose.

Mais, paradoxalement, j’ai aussi peur qu’il ne trouve rien.

Parce que la douleur, elle, est bien réelle. Elle est là tous les jours. Elle m’épuise, elle me plie parfois en deux, elle prend de la place dans ma vie, dans ma tête, dans mon corps. Alors forcément, demain représente beaucoup.

J’espère des réponses. Une explication. Une piste. Quelque chose qui permette enfin de comprendre pourquoi j’ai aussi mal et surtout, comment sortir de cette spirale.

Mais derrière cet espoir, il y a cette boule au ventre : et s’il m’annonçait quelque chose que je n’ai pas envie d’entendre ?

Et s’il fallait encore des examens, encore des soins, encore une intervention ?

Et si, au contraire, on me disait encore que tout semble normal alors que mon corps me hurle l’inverse ?

Je crois que c’est ça qui est le plus difficile : ne pas savoir.

Alors ce soir, je vais essayer de ne pas imaginer tous les scénarios possibles. Demain arrivera bien assez vite.

Je ne demande même plus une solution miracle. Je voudrais simplement être entendue, comprise, et repartir avec une direction.

Parce que vivre avec la douleur est déjà difficile.

Vivre avec la douleur sans savoir pourquoi l’est encore davantage.

Demain, j’aurai peut-être peur en poussant la porte de son cabinet.

Mais je la pousserai quand même.