Guérrières silencieuses

10 juillet 2026 2 min de lecture

La douleur est revenue.

Le silence médical, lui, n’est jamais vraiment parti.

Depuis hier midi, la douleur abdominale est revenue

Au début, elle était encore supportable. Puis elle a grandi, heure après heure, jusqu’à devenir tellement forte dans la soirée que j’ai dû prendre de la morphine.

Même la morphine ne m’a presque pas soulagée. Un léger répit, pendant très peu de temps, puis la douleur a repris sa place.

Aujourd’hui, elle est toujours là. Moins violente qu’hier soir, certes, mais présente. Installée dans mon ventre comme si elle faisait désormais partie de moi. Comme si je devais simplement apprendre à vivre avec.

Honnêtement, je ne prends même plus la peine d’essayer de joindre mon hépatologue ou mon chirurgien.

Depuis que j’ai quitté l’hôpital, ils sont aux abonnés absents.

Des mails sans réponse. Des appels sans retour. Aucun suivi réel. Aucun signe de présence. Comme si, une fois sortie de l’hôpital, mes douleurs, ma maladie et mes inquiétudes avaient cessé d’exister.

Sauf que moi, je suis toujours là.

La douleur aussi.

Je ne suis pas un dossier que l’on referme après une hospitalisation. Je ne suis pas un numéro que l’on laisse attendre au fond d’une boîte mail. Je suis une femme, une maman, une compagne, une personne malade qui essaie chaque jour de tenir debout malgré la fatigue, la peur et les douleurs.

Je suis fatiguée de devoir supplier pour obtenir une réponse.

Fatiguée de devoir prouver que j’ai mal.

Fatiguée de devoir attendre que la situation devienne insupportable pour que quelqu’un finisse peut-être par réagir.

Ce qui me révolte le plus, ce n’est pas seulement la douleur physique. C’est ce sentiment d’abandon. Cette impression d’être livrée à moi-même face à une maladie rare et imprévisible, alors que je devrais pouvoir compter sur les médecins qui connaissent mon dossier.

Je ne demande pas des miracles.

Je demande simplement d’être suivie, entendue et considérée.

Je demande qu’on arrête de banaliser ce que je ressens.

Je demande qu’on se souvienne qu’au bout du dossier médical, il y a une personne qui souffre, qui s’inquiète et qui lutte pour continuer à vivre normalement.

Aujourd’hui, je vais encore prendre sur moi. Je vais encore chercher des réponses. Je vais encore essayer d’avancer.

Mais au fond de moi, je suis épuisée.

Épuisée de cette douleur.

Épuisée de ce silence.

Épuisée de devoir me battre contre la maladie, tout en devant aussi me battre pour obtenir l’aide de ceux qui sont censés m’accompagner.