Guérrières silencieuses

21 juillet 2026 2 min de lecture

Ma fille est TSA et TDAH

Ma fille vient d’être diagnostiquée TSA et TDAH.

Deux diagnostics de plus.

Deux mots de plus à ajouter à ses maladies rares, à ses rendez-vous, à ses examens, à ses difficultés et à tous les combats qu’elle mène déjà alors qu’elle n’est encore qu’une enfant.

Je ne vais pas mentir : c’est difficile à encaisser.

Même lorsque l’on s’y attend. Même lorsque l’on se bat depuis longtemps pour être entendu. Même lorsque l’on sait que ces diagnostics vont enfin permettre de mieux comprendre son fonctionnement.

Ça fait mal.

Parce qu’une maman voudrait pouvoir enlever toutes les difficultés de son enfant. Elle voudrait prendre sa place, porter ses douleurs, ses peurs, ses crises, sa fatigue et tout ce qui rend son quotidien plus compliqué.

Mais je ne peux pas prendre sa place.

Alors je vais faire ce que je peux faire : apprendre.

J’ai hâte de recevoir le bilan complet afin de voir s'ils ont trouvé autre chose ou non. J’ai besoin de savoir ce que les professionnels vont nous proposer.

J’ai besoin de comprendre comment l’aider réellement, sans deviner, sans avancer dans le brouillard et sans avoir constamment peur de mal faire.

Je veux des clés.

Des clés pour comprendre ses crises.

Des clés pour l’aider à gérer ses émotions.

Des clés pour respecter son rythme.

Des clés pour que l’école, les professionnels et les personnes qui l’entourent arrêtent de voir seulement une enfant agitée, opposante, agressive, capricieuse ou difficile.

Parce qu’elle n’est pas difficile.

Elle est en difficulté.

Et cette différence change tout.

Je ne veux pas changer ma fille. Je ne veux pas effacer son TSA, calmer sa personnalité ou la forcer à ressembler aux autres.

Je veux l’aider à vivre avec ce qu’elle ressent.

Je veux qu’elle se sente comprise au lieu d’être constamment reprise.

Je veux qu’elle puisse grandir sans penser qu’elle est trop bruyante, trop agitée, trop sensible, trop intense ou jamais assez bien.

Je veux qu’elle sache qu’elle a le droit d’être elle-même.

Ces diagnostics ne définissent pas toute son identité. Mais ils font partie d’elle, et ils vont enfin nous permettre de mettre des mots sur ce que nous observons depuis longtemps.

Maintenant, j’attends la suite.

J’attends les préconisations, les suivis, les adaptations et les outils concrets.

Parce que je ne veux plus simplement survivre aux journées difficiles. Je veux pouvoir l’accompagner avec plus de compréhension, moins de culpabilité et davantage de certitudes.

Je ne sais pas encore exactement ce que l’avenir nous réserve.

Je sais seulement une chose : je serai là.

Pour apprendre.

Pour expliquer.

Pour défendre ses besoins.

Pour faire entendre sa voix lorsqu’elle n’arrivera pas à le faire elle-même.

Et pour lui rappeler, chaque fois qu’elle en doutera, qu’elle n’est ni cassée, ni anormale, ni trop compliquée.

Elle fonctionne différemment.

Et désormais, nous allons apprendre à avancer avec elle, pas contre elle.