16 juillet 2026 2 min de lecture
Pourquoi vivre, si c’est pour souffrir ainsi ?
Pourquoi continuer à se battre si c’est pour souffrir encore et encore ?
J’ai eu deux mois de répit.
Deux mois pendant lesquels j’ai presque cru que le pire était enfin derrière moi.
Deux mois où la douleur avait desserré son emprise, où je pouvais respirer sans redouter chaque heure suivante.
Ce n’était pas parfait, mais c’était suffisamment calme pour que je recommence à espérer.
J’ai voulu croire que mon corps me laissait enfin tranquille.
Que tous les examens, les hospitalisations, l’opération, les traitements et les combats avaient peut-être servi à quelque chose.
Que je pouvais commencer à reconstruire une vie, même différente, même fragile.
Mais la souffrance est revenue.
Brutalement.
Comme si ces deux mois n’avaient été qu’une pause cruelle. Une courte parenthèse destinée à me rappeler ce que pourrait être une vie sans cette douleur, avant de me l’enlever à nouveau.
Et aujourd’hui, je me pose cette question que personne ne devrait avoir à se poser :
Pourquoi vivre, si vivre signifie souffrir de cette manière ?
Je ne demande pas une vie parfaite.
Je ne demande pas de ne plus jamais avoir peur, de ne plus connaître la fatigue ou les difficultés.
Je demande seulement de ne pas passer mes journées à lutter contre mon propre corps.
De ne pas avoir à compter les heures avant la prochaine dose de morphine.
De ne pas devoir choisir entre la douleur et les effets d’un traitement toujours plus lourd.
Je suis épuisée.
Épuisée d’espérer une amélioration pour voir la souffrance revenir.
Épuisée de devoir recommencer à expliquer, à consulter, à insister et à prouver que j’ai réellement mal.
Épuisée de devoir rester forte pour rassurer tout le monde alors qu’intérieurement, je ne sais même plus combien de forces il me reste.
Jusqu’à quand vais-je tenir ?
Je n’en sais rien.
Et c’est peut-être cela qui m’effraie le plus.
Je sais ce que j’ai déjà traversé. Je sais combien de fois je me suis relevée alors que je pensais ne plus pouvoir le faire.
Mais je sais aussi que chaque nouvelle épreuve laisse une trace. Chaque retour de la douleur emporte une petite partie de l’espoir que j’avais réussi à reconstruire.
On me dit souvent que je suis courageuse.
Mais le courage n’est pas une réserve inépuisable.
À force de tenir, on finit par se fissurer.
À force de survivre, on oublie parfois ce que signifie réellement vivre.
À force de souffrir en silence, on finit par ne plus savoir comment appeler à l’aide autrement qu’en criant avec des mots qui font peur.
Je ne veux pas mourir.
Je veux que cette souffrance s’arrête.
Je veux comprendre ce qui se passe dans mon corps.
Je veux que l’on cherche réellement des solutions. Je veux pouvoir me projeter au-delà de la prochaine crise, de la prochaine dose et de la prochaine nuit passée à attendre que la douleur diminue.
Aujourd’hui, je ne sais pas combien de temps je pourrai encore avancer ainsi.
Mais écrire ces mots, c’est déjà refuser de continuer à les enfermer en moi. Ce texte n’est pas un adieu. C’est un appel.
L’appel d’une femme fatiguée de devoir survivre, qui voudrait simplement retrouver une raison de croire que la vie peut encore être autre chose qu’une succession de douleurs et de courts moments de répit.
