8 juin 2026 2 min de lecture
Quand survivre remplace vivre
Vivre en mode survie
Il y a des périodes où l'on ne vit plus vraiment, on avance.
On se lève parce qu'il le faut.
On fait ce qui doit être fait parce que personne ne le fera à notre place.
On coche les cases les unes après les autres sans même réfléchir.
Le mode pilote automatique.
Ces derniers temps, j'ai l'impression de fonctionner ainsi.
Les douleurs s'accumulent, sans véritable répit. Quand une semble s'apaiser, une autre prend sa place. Mon corps réclame du repos, mais mon esprit refuse de s'arrêter.
La fatigue est partout.
Cette fatigue qui ne disparaît pas après une nuit de sommeil. D'ailleurs, dormir devient un défi à lui seul. Les heures passent, les pensées tournent en boucle, les inquiétudes prennent toute la place et mon cerveau semble incapable d'appuyer sur le bouton pause.
Alors je rumine.
Je repense aux rendez-vous passés.
À ceux qui arrivent.
Aux démarches en attente.
Aux questions sans réponses.
Aux inquiétudes que j'essaie de cacher derrière un sourire.
Et plus j'essaie de ne pas y penser, plus elles reviennent.
Pendant ce temps, la vie continue.
Les obligations sont toujours là.
Ma fille a toujours besoin de moi.
Le quotidien ne s'arrête pas parce que je suis épuisée.
Alors j'avance.
Je prépare ce qu'il faut préparer.
Je gère ce qu'il faut gérer.
Je réponds quand on me parle.
Je souris quand il le faut.
Mais au fond de moi, j'ai parfois cette impression étrange d'être absente de ma propre vie.
Comme si je regardais les journées défiler sans vraiment les vivre.
Le plus difficile n'est pas seulement la douleur physique.
C'est l'usure.
Cette accumulation de petites batailles qui finissent par peser lourd. Les nuits compliquées. Les inquiétudes permanentes. La charge mentale qui ne prend jamais de vacances. Cette sensation d'être constamment en vigilance, constamment en train de penser à la prochaine chose à faire.
Parfois, je n'ai envie de rien.
Ni de sortir.
Ni de parler.
Ni de réfléchir.
Ni même de faire des projets.
J'ai simplement envie que tout s'arrête quelques heures. Que mon corps cesse de faire mal. Que mon esprit accepte enfin de se reposer.
Mais malgré tout, chaque matin, je me relève.
Pas parce que je suis particulièrement forte.
Simplement parce que je n'ai pas le choix.
Alors je continue d'avancer, un pas après l'autre, même lorsque la route semble interminable.
En espérant qu'un jour, le pilote automatique puisse enfin s'arrêter et que je retrouve l'énergie de vivre au lieu de simplement survivre.
